150803_zelezny_160.jpg

Ca me fait un petit quelque chose. A 40 ans, Jan Zelezny arrête sa carrière. Triple champion olympique (1992, 1996, 2000) et champion du monde (1993, 1995, 2001), il celui qui m’a peut-être le plus souvent impressionné dans ma jeunesse (en athlétisme s’entend).

La réunion de Yokohama, prévue le 24 septembre, devait être sa dernière appparition en compétition, mais il a préféré y renoncer: «J’ai pris cette décision lundi soir. Une nouvelle compétition dans quatre jours, ce serait trop difficile», a dit l’athlète, souffrant de douleurs à un tendon d’Achille, au cours d’une conférence de presse à Mlada Boleslav (que l’OM va bientôt visiter). Il s’est exprimé au terme d’une exhibition d’athlétisme tenue en son honneur dans cette ville, où il avait commencé sa carrière. «J’ai débuté ici ma carrière et j’ai toujours songé à y mettre aussi fin», a-t-il confié aux journalistes. Le champion olympique et détenteur du record du monde du décathlon Roman Sebrle, excellent lanceur de javelot tchèque, a participé à cette compétition, sous le yeux de Dana Zopotkova, championne olympique de javelot en 1952 et veuve du coureur Emil Zatopek. Du beau monde pour ces adieux!

Zelezny restera à part dans le monde du sport. Ses performances hors du commun ont été de nature à modifier considérablement sa discipline. Après un lancer incroyable, où il envoya son javelot à 98,48 mètres (le 25 mai 1996, record du monde toujours inégalé), il a été décidé d’alourdir la pointe des javelots, pour des raisons de sécurité. Et oui, avec de telles performances, Zelezny aurait fini par lancer ses javelots dans les tribunes puis sur le parking du stade! Le fait de transformer un sport à cause des performances d’un homme, je trouverai toujours ça ahurissant. Et c’est pour ça et pour son caractère affirmé que j’aime beaucoup Jan Zelezny.