L’agence russe Prime-TASS, citée par l’AFP, révèle que le comité d’organisation des Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi connaît bien des problèmes. Avec la crise économique, les entreprises privées russes renoncent à participer aux marchés organisés par les autorités pour la construction des infrastructures nécessaires. Ces dernières ont donc été récemment obligées de reculer le terme de ces négociations, les sociétés, très affectées par la crise en Russie, n’étant pas pour le moment intéressées par ces marchés. Un gros problème pour le comité d’organisation puisqu’il part de zéro en terme d’infrastructures.
Ce devaient être les Jeux de la tout puissance. Mené par le président Vladimir Poutine lui-même, le projet de Sotchi devait permettre à la Russie de bénéficier d’infrastructures ultra-modernes à mettre à la disposition de ses athlètes, des installations dont le pays ne bénéficie plus depuis l’éclatement de l’URSS en 1991, puisqu’elles étaient construites en Géorgie et en Moldavie. L’investissement est lourd, mais des retombées importantes sont attendues. En quelques chiffres, les JO de Sotchi représentent 13,9 milliards d’euros de dépenses pour les infrastructures et la promotion de la candidature et 1,5 milliards d’euros de budget durant leur déroulement.
La crise économique n’était cependant pas prévue. Et aujourd’hui, le gouvernement peine encore à racheter les terrains dont il a besoin pour construire les infrastructures, le prix proposé aux propriétaires étant trop bas. Dmitri Kozak, le vice-premier ministre chargé de la préparation des Jeux Olympiques, a déclaré en novembre dernier que la Russie avait l’intention de revoir à la baisse le budget pour ces Jeux. La Russie annonçait ainsi qu’elle dépenserait 12 milliards d’euros, dont 7 de fonds publics et 5 venus de fonds privés. Sans manquer d’essayer de rassurer: «Il existe bien sûr des difficultés dans l’obtention des emprunts, mais aucun investisseur ne se retire,» a affirmé Kozak.

De son côté, la ville autrichienne de Salzbourg, battue par Sotchi pour l’organisation de la compétition, s’est rapidement déclarée disposée auprès du CIO pour l’accueillir si Sotchi ne devait pas réussir à terminer les constructions à temps. Contrairement à la ville russe, Salzbourg dispose déjà d’une bonne partie des infrastructures nécessaires. La décision du CIO de nommer Sotchi comme ville d’accueil avait d’ailleurs fait grincer des dents en Autriche: «Je suis sûr que notre projet était le meilleur de tous, mais ça a été un jeu de pouvoir économique et politique,» avait alors déclaré Alfred Gusenbauer, le Chancelier autrichien. Ce que confirme Andrew Somers, président de la Chambre Américaine de Commerce en Russie: «En tant que symbôle, les Olympiades sont aussi importantes que l’adhésion à l’Organisation Mondiale du Commerce. La Russie envoie ainsi un puissant message sur sa position dans la communauté mondiale.» Une manière de dire que les Russes ne lâcheront pas leurs Jeux aussi facilement.
Autre preuve des difficultés que peuvent rencontrer les organisateurs russes en ce moment, cette déclaration du 13 novembre de Tessa Jowell, la ministre britannique en charge de l’organisation des JO 2012 de Londres, selon laquelle la Grande-Bretagne n’aurait pas été candidate si elle avait pu prévoir qu’une telle crise économique allait intervenir. «Si nous avions su ce que nous savons aujourd’hui, nous ne nous serions pas inscrits pour accueillir les Jeux Olympiques. C’est quasi certain.» Car en Angleterre également, les investisseurs privés sont touchés et ont réduits leur soutien.











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3 commentaires
Je savais même pas que c’était en Russie après ceux de Vancouver !
Bien fait pour la gueule des anglais.
J’avais été, à l’époque, assez vexé que les british se tapent les JO à notre place. Le projet frnçais été bien ficelé et l’anglais était bati sur du vent.
Et je souhaite ardemment que ceux ci rencontrent les pires difficultés pour les organiser.
J’ai été bien content quand ils ont donné les JO à Londres. J’habitais Paris à l’époque, et je n’avais pas franchement envie que la ville ait les Jeux. Bon, le dossier était bon et c’est sympa de faire la fête en ville. Mais voila les impôts aussi… Les dernières villes à avoir accueilli les Jeux n’ont pas été tendres avec leurs administrés.
Je ne pensais pas devoir déménager à l’époque, et finalement j’ai eu l’opportunité d’en partir, et même de revenir à Grasse. Et maintenant c’est Nice qui veut les JO d’hiver. Nice bordel! Pourquoi pas Cancun ou Dakar? On a des montagnes oui, mais à une heure de route, c’est pas hyper rapproché quoi. Et comme il n’y a pas d’installations spécifiques aux Jeux, je n’ose même pas imaginer ce que ça coûterait d’organiser ça. Rien qu’une piste de bobsleigh, c’est entre 80 et 90 milliones d’euros. Et pour en faire quoi après? C’est le truc inrentabilisable à souhait. Et tant pis si j’invente des mots.