Notre réseau : Ici on aime | Parlons Foot | Parlons Sports | Parlons Tennis | Parlons Rugby | Parlons Santé | Parlons Livres | Place Pury | Skate Infusion

Lanzinger: une lourde chute, des secours exécrables, une vie brisée

lanzinger.jpgMatthias Lanzinger a été amputé de la jambe gauche sous le genou. C’est l’épilogue d’une terrible journée pour le ski mondial. Le descendeur , membre de la Wunderteam autrichienne, a subit trois opérations à la suite d’une chute lors du Super G de Kvitfjell, en Norvège. La vue de ces images est impressionnantes, à la limite du supportable, mais la gestion des secours est, elle, inqualifiable. Sans l’incompétence et l’amateurisme des services de secours, Lanzinger s’en serait beaucoup mieux sorti.

Les images de la chute de Lanzinger sont vraiment impressionnantes. Lancé à plus de 100 km/h, il est déséquilibré lors d’un saut et heurte une porte de plein fouet. Visiblement inanimé, l’Autrichien glisse sur plusieurs mètres, totalement désarticulé. Sa jambe gauche notamment offre une image épouvantable. Elle tourne plusieurs fois sur elle-même avec une élasticité effrayante et est complètement à l’envers lorsque le skieur s’immobilise enfin. Lanzinger est néanmoins conscient lorsque les secours arrivent.

C’est là que les choses se gâtent. Au vu des mouvements de sa jambe, outre la fracture tibia-péroné qui est évidente, ou presque, il y a, c’est également une évidence, un gros problème avec ses artères. Sinon sa jambe n’aurait jamais pu tournoyer de cette manière! Lae manque de réactivité et la lenteur des secours est ahurissante.

Lanzinger reste plus de 30 minutes sur la piste, avant d’être évacué… en traîneau! Non seulement l’équipe médicale a mis de trop longues minutes à intervenir, mais en plus son évacuation fait perdre encore beaucoup de temps à un moment où chaque minute est précieuse. L’évacuation par hélicoptère semble être la seule solution, or, il n’y a pas d’hélicoptère. Comment, avec les accidents que l’on connaît en ski, les organisateurs n’ont-ils pas prévu d’hélicoptère en cas d’urgence? Selon les médias autrichiens, les organisateurs ont dû réquisitionner un hélicoptère de tourisme destiné à des VIP. Avec le temps que cela demande pour le mettre en conformité… Une image m’a choqué, celle du traîneau de Lanzinger traîné sur le parking de la station, passant devant des ambulances (!!!) pour aller rejoindre l’hélico qui est à plusieurs centaines de mètres de là. Même volontairement, on n’aurait pas pu faire pire.

Bref, avec tout ce temps de perdu, l’état de santé de Matthias Lanzinger a évidemment empiré. Souffrant au départ d’une fracture ouverte tibia-péroné avec commotion cérébrale, l’Autrichien souffert par la suite de graves complications vasculaires, ses blessures n’étant pas traitées assez rapidement. Autre point, l’hôpital le plus proche, à Lillehammer, n’étant pas équipé pour traiter ce genre de blessures, il a fallu l’emmener à l’hôpital Ullevaal d’Oslo, à plusieurs heures de là. La première opération débute six heures après l’accident, une éternité dans un cas pareil. Ce délai entre la chute et l’intervention chirurgicale a inévitablement joué dans les complications de Lanzinger. Placé dans un coma artificiel lundi, il a été opéré à trois reprises en deux jours mais les médecins, comparant la blessure du skieur à celle provoquée par un accident de voiture, ne sont pas parvenus à rétablir la circulation sanguine dans sa jambe gauche avant de décréter une amputation en dessous du genou.

Inévitablement, la fédération autrichienne a vivement critiqué les secours. Mais elle n’est pas la seule. «C’est un scandale qu’il n’y ait pas eu d’hélicoptère de secours près de la piste», s’est exprimé dans le quotidien Österreich le chirurgien Artur Trost, qui avait sauvé Hermann Maier de l’amputation en 2001. «En raison des atteintes incurables aux tissus, une amputation est indispensable pour éviter des lésions graves et durables», a expliqué ensuite la Fédération autrichienne de ski. Celle-ci demande des comptes désormais aux responsables de Kvitfjell qui vont non seulement devoir s’expliquer sur l’organisation des secours mais aussi sur les conditions de sécurité d’un tracé jugé extrêmement dangereux. Déjà, dans la descente, plusieurs skieurs avaient été victimes de chute au même endroit, heureusement sans gravité.

Autre élément mis en cause, la réglementation de la FIS sur les skis. Moins profilés, ceux-ci étaient censés apporter plus de sécurité. Mais on dénombre aujourd’hui pas moins de 30 blessures graves cette saison sur le circuit. Un point de plus justifiant le mécontentement du monde su ski, après cet accident de trop.

Lanzinger a 27 ans. Plus qu’un skieur qui voit sa carrière s’arrêter, c’est un homme dont la vie est peut-être foutue. Mais les responsables de ces disfonctionnements y pensent-ils?

 
Ski alpin

trackback uri

2 commentaires

tragédie et incroyable bévue de l’organisation tout entière…!! certainement pas seulement de la part des norvégiens mais aussi des instances de la fis qui auraient du s’assuré de la fiabilité des secours.
défaut dans la cahier des charges ou copinage entre les différents responsables de la sécurité…???????????

par tom, le 06 mars 2008 à 20h38, #

l’ image est insoutenable….
l’ organisation va certainement lui verser de très gros dommages et intérêts mais c’ est une bien maigre consolation.

par thi oc, le 03 avril 2008 à 13h08, #

Laissez votre commentaire sur cet article

HTML autorisé:
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <code> <em> <i> <strike> <strong>

Selon son contenu, en particulier si il contient un lien, il se peut que votre commentaire ne s'affiche pas immédiatement et nécessite la validation d'un modérateur. Ceci est une mesure anti-spam! Merci de votre compréhension.

Bien sûr en déposant un commentaire vous reconnaissez avoir pris connaissance de la charte de Parlons Foot